CRISE DE LA MAIN-D’ŒUVRE AGRICOLES ET STRATEGIES D’ADAPTATION DES CACAOCULTEURS DE LA SOUS-PREFECTURE DE BUYO
Résumé
La Côte d’Ivoire après son indépendance a axé son développement sur l’agriculture
notamment le cacao. Mais depuis le début des années 1980, l’économie cacaoyère est
confrontée à diverses crises à la fois structurelles et conjoncturelles. Ces différentes
situations ont provoqué le déplacement progressif d’aires de production du cacao
qui se localisent désormais à l’ouest du pays. Dans la sous-préfecture de Buyo, au
centre-ouest de la Côte d’Ivoire, à l’image des autres zones de grande production,
l’économie cacaoyère fait face à des nombreuses crises dont celle de la main-d’œuvre.
Cette contribution analyse les impacts de cette crise et les stratégies d’adaptation des
producteurs face à cette situation dans la sous-préfecture de Buyo. La méthodologie
utilisée s’appuie sur la recherche documentaire et une enquête de terrain menée
auprès de 250 cacaoculteurs repartis dans sept (07) villages de la sous-préfecture. Il
en ressort que 37% des exploitants sont confrontés à la baisse de leurs productions
cacaoyère, 32% n’arrivent pas à entretenir suffisamment les plantations de cacao et
30,4% abandonnent des parties moins productives des plantations à la brousse. Pour
faire face à la crise de la main-d’œuvre, les exploitants adoptent plusieurs stratégies
dont les plus importantes sont l’utilisation des produits phytosanitaires, la
modification des contrats avec les manœuvres agricoles et les associations de culture.
Cette étude a permis d’aboutir à la conclusion selon laquelle, la crise de main
d’œuvre agricole source d’abandon progressif des plantations de cacao dans la souspréfecture de Buyo. Un abandon qui a été contournée grâce à l’adoption de nouvelle
stratégies notamment, la forte utilisation de désherbants, la modification des contrats
de travail et l’adoption de cultures moins mobilisatrice de main-d’œuvre.