STAGNATION DES ANCIENNES VILLES SECONDAIRES AU TOGO : UNE ANALYSE A PARTIR DE PAGOUDA
Résumé
De nombreuses anciennes villes secondaires au Togo peinent à promouvoir leur
développement, et la situation est plus critique à Pagouda. Double chef-lieu de la
préfecture de la Binah et de la commune Binah1, Pagouda, malgré l’ancienneté relative
de son processus d’urbanisation et sa situation de ville-frontalière, végète dans un
immobilisme de croissance urbaine. Elle offre un paysage de ruralité et connaît une
déprise socio-économique. Cet article vise ainsi à analyser le développement urbain
stagnant de Pagouda. La méthodologie a mobilisé l’observation des faits urbanisant et
la documentation. Les enquêtes de terrain ont permis de recenser des équipements et
des activités urbanisant. Aussi, ont-t-elles collecté des informations dans la ville auprès
des différents acteurs de la fabrique urbaine. Enfin, l’étude a réalisé une enquête
ménage auprès d’un échantillon de 201 chefs de ménage, soumis à un questionnaire.
Les résultats de l’étude montrent que les voies qui relient Pagouda au Bénin sont toutes
défectueuses, et le trafic de marchandises est presque nul entre la ville et le Bénin. En
outre, la population, de faible taille, est à croissance très lente, et les activités
économiques sont en déprises. Le secteur agricole prédomine avec 81% des actifs,
l’artisanat est faible (13,8%), le commerce en proportion infime (2,6%) et le secteur
bancaire est absent. Les équipements et services urbains attractifs y manquent, ceux
existant étant quasiment de l’administration. Enfin, Pagouda est asphyxiée par Kétao,
pôle socio-économique le plus prospère de la préfecture de la Binah et par Kara,
capitale régionale.
Mots-clés : Pagouda, ancienne ville, stagnation, déprise, développement