CAMPS DE PRIERE ET CONDITIONS DE VIE DES POPULATIONS VIVANT AVEC LA MALADIE MENTALE (PVMM) DANS LE DÉPARTEMENT DE TIÉBISSOU (CENTRE, CÔTE D’IVOIRE)
Résumé
Les maladies mentales constituent un problème de santé publique majeur et coûteux
à l’échelle mondiale, touchant des individus de tous âges et de toutes origines (E.
SREU, 2020, p. 316). En Côte d’Ivoire, et plus particulièrement dans le département de
Tiébissou, cette situation demeure particulièrement préoccupante. Face à ce problème,
des stratégies ont été mises en œuvre par des structures de soins non conventionnelles,
telles que les camps de prière, afin d’assurer une prise en charge des populations
souffrant de maladie mentale. L’objectif de cet article est de présenter les conditions
de vie des populations vivant avec la maladie mentale (PVMM) ainsi que leurs attentes
en matière de prise en charge dans ces camps. Pour ce faire, une enquête de terrain a
été menée dans 24 camps de prière, auprès de 29 malades mentaux et de 24
responsables de camps. Les données ont été collectées durant le mois de décembre
2024. La forte mobilité de 73 % des populations vivant avec la maladie mentale dans
ces camps s’explique par divers facteurs, notamment le manque de ressources
financières au sein des familles et la perception de la maladie comme ayant une dimension spirituelle. Par ailleurs, 98 % des malades interrogés plaident en faveur
d’une amélioration de leur prise en charge. L’étude conclut que les camps de prière
constituent des alternatives de sécurité sanitaire dans un contexte où l’offre de soins
psychiatriques demeure insuffisante dans le département de Tiébissou.
Mot clés : Camp de prière, PVMM, maladie mentale, condition de vie, Tiébissou