NOUVELLE DYNAMIQUE SPATIALE DE LA CACAOCULTURE ET VULNERABILITE SOCIO-ECONOMIQUE DES PAYSANNERIES, CAS DE MINTA DANS LE CENTRE-EST DU CAMEROUN FORESTIER
Résumé
Les paysans africains de la zone forestière en général et ceux du Cameroun en
particulier ont adopté la cacaoculture comme principale activité. Après la crise sans
précédent des années 1990, la filière est relancée en 2011. Elle connait un nouvel essor
à la faveur du maintien à la hausse pendant plus d’une décennie, des prix du
kilogramme de cacao, proposés aux planteurs. Cette étude vise à analyser le rapport
entre la nouvelle dynamique spatiale de la cacaoculture et la vulnérabilité socio
économique des paysanneries à Minta. Pour y parvenir, elle met en exergue la théorie
de la « vulnérabilité » ou de la « précarité permanente ». La méthodologie exploite
essentiellement les données de l’enquête par questionnaire, les entretiens et les
rapports d’archives. La méthode d’analyse s’appuie sur la statistique descriptive, axée
sur l’analyse diachronique et la comparaison. Les principaux résultats démontrent que
la nouvelle dynamique actuelle de la cacaoculture est amorcée depuis 2011. Elle se
traduit par la création de nouvelles plantations, l’extension ou la densification des
plants dans celles plus anciennes. Le maintien à la hausse des prix du kilogramme de
cacao sur le marché de Minta en est la principale cause. Malgré ce maintien à la hausse
des prix, les planteurs vivent dans la précarité en permanence. Les revenus dérisoires
qu’ils en tirent liés pour l’essentiel à une faible rentabilité des exploitations ne leur
permettent pas de subvenir à leurs besoins sociaux comme la scolarisation,
l’alimentation ou d’acquérir les commodités essentielles comme l’adduction d’eau et
les branchements aux réseaux électriques conventionnels. Pour réduire cette précarité,
les planteurs proposent majoritairement la diversification des cultures et des activités
génératrices de revenus.
Mots-clés : cacaoculture, nouvelle dynamique, hausse des prix, faibles revenus, Minta.