LA « DURABILITE SOCIALE » CONTRARIEE PAR L’INSUFFISANCE D’EAU POTABLE DANS LES VILLAGES DE LA REGION DE GBÊKÊ (CENTRE DE LA COTE D’IVOIRE)
Résumé
Le service d’eau potable connaît des perturbations sévères en milieu rural dans la
région de Gbêkê. Les facteurs climatiques, la gestion irrationnelle des ressources
naturelles et des infrastructures hydrauliques sont à l’origine de ce drame. Cette
situation n’est pas sans conséquences sur la durabilité sociale dans les villages de
Gbêkê. La présente étude vise une pérennité du service d’eau potable pour assurer le
développement durable. L’approche méthodologique s’appuie sur la recherche
documentaire et les enquêtes de terrain. Les enquêtes exploratoires ont été menées
auprès de la DTH de Bouaké, la SODECI, le ministère du plan et 80 ménages ont été
interrogés. Les résultats de ces enquêtes montrent que147 villages souffrent d’un
manque criard d’eau potable. Dans les villages, les femmes mettent en moyenne 3
heures 30 minutes à la recherche d’eau potable. Puisque 34,24 % des infrastructures
sont en panne et 17, 80 % d’entre elles sont abandonnées. 26,14 % des ménages n’ont
pas accès à l’eau potable. Dans les villages de Gbêkê, 54,75 % des puiseurs
parcourent plus de 300 m pour avoir accès à l’eau potable ; la quantité moyenne
d’eau obtenue pour l’usage domestique dans l’espace rural de la région de Gbêkê
selon cette enquête est de 22,85 litres d’eau par jour par personne. L’eau est une
ressource difficilement quantifiable, mais, à l’état actuel des choses, la région de
Gbêkê est loin d’atteindre la norme que la Côte d’Ivoire s’est fixée. Dans les villages
de Gbêkê 29,45% des comités de gestion ne prévoient aucun budget pour
l’amortissement, 45% des ménages affirment que leur service d’eau potable est
discontinu. De plus, 47,27% des ménages affirment que le temps de ravitaillement
joue sur les heures d’étude des enfants. Suite à toutes ses insuffisances, 29,95% des
ménages affirment avoir été victimes des maladies hydriques.