LES AUTORITÉS ADMINISTRATIVES ET JURIDIQUES DANS LA GESTION ET LA PRÉVENTION DES CONFLITS FONCIERS RURAUX DANS LE DÉPARTEMENT DE BÉOUMI (CENTRE, COTE D’IVOIRE)
Résumé
Depuis les années 1990, l’on assiste à une recrudescence de conflits fonciers dans
plusieurs localités ivoiriennes entre autres, le Département de Béoumi. Ainsi, de
nombreuses tentatives de résolutions se sont avérées complexes et parfois sans issue.
À cet effet, le présent article vise à comprendre les stratégies de gestion et de
prévention des conflits fonciers ruraux dans ledit Département. L’étude menée
auprès des autorités administratives et des producteurs d’anacarde répartis dans 21
villages, révèle une croissance exponentielle des cas de conflits, passant de 76 cas en
2018 à 159 en 2022. L’on note par ailleurs, une proportion élevée des cas de conflit
dans la sous-préfecture de Kondrobo, située à l’ouest du Département par rapport
aux autres. En outre, la réduction des parcelles de terre suite à l’extension des
vergers d’anacardiers et à la pression démographique sont les principaux facteurs de
ces conflits. En revanche, 69,74 % de ces conflits sont réglées par les différentes souspréfectures
contre
17,09
%
par
la
gendarmerie
et
13,17
%
par
les
instances
judiciaires,
notamment
le
tribunal
de
Bouaké.
De
même,
la
sécurisation
foncière
par
les
achats
légaux
des terres et la mise en place des comités locaux de gestion foncière sont
d’actions préventives de ces conflits. En somme, l’implication des différents acteurs
dans la gestion de conflits fonciers ruraux n’a d’autres objectifs que le maintien de la
stabilité, de la cohésion sociale et la paix en vue d’un développement
socioéconomique dans le Département.