LA TRANSGRESSION DES OUTILS DE PLANIFICATION URBAINE DANS LA VILLE DE YAMOUSSOUKRO (COTE D’IVOIRE)
Résumé
La chute des cours mondiaux du café et du cacao et la montée spectaculaire du cours
du pétrole ont plongé la Côte d’Ivoire dans une grave crise économique à partir de
1980. Les institutions de Bretton sollicitées pour le redressement de l’économie,
proposent à l’État son retrait des secteurs non productifs, notamment celui de la
production des terrains urbains. Le retrait de l’Etat de la production et de la vente
des terrains urbains consacre alors l’avènement des aménageurs privés régi par la loi
n°97-524 du 4 septembre 1997 portant création d’une concession d’aménagement
foncier. Ces opérateurs privés ont pour mission essentielle la production des terrains
urbains viabilisés pour juguler la forte demande en Côte d’Ivoire de façon générale et
particulièrement dans la ville de Yamoussoukro. Face à la croissance démographique
accélérée dans la ville de Yamoussoukro avec une population de 207 412 habitants en
2014 (RGPH 2014), le déficit en terrains urbains s’est considérablement accru.
Toutefois, les lotissements réalisés pour résorber le déficit transgressent
régulièrement les outils de planification urbaine. Cet article vise à comprendre la
transgression des outils de planification urbaine dans la ville de Yamoussoukro. Pour
atteindre cet objectif, l’étude s’est appuyée sur la recherche documentaire et l’enquête
de terrain (observation, inventaire et entretien). Les résultats obtenus révèlent
qu’aujourd’hui, les réserves pour les équipements futurs de la ville de
Yamoussoukro sont constamment agressées par certains acteurs locaux. Tous les
acteurs doivent conjuguer leurs efforts pour le respect scrupuleux des outils de
planification urbaine afin de permettre à la ville de jouer pleinement son rôle de
capitale politique et administrative.