DYNAMIQUE URBAINE DE LA VILLE DE KARA (NORD-TOGO) ET PROBLEMATIQUE DE SON APPROVISIONNEMENT EN PRODUITS VIVRIERS
Résumé
Située à 413 km de Lomé la capitale du Togo, Kara, de par ses infrastructures sociocollectives et sa démographie en pleine expansion revendique de nos jours la place
de seconde ville du pays au détriment de Sokodé qui a longtemps été considérée
comme la deuxième plus importante ville du Togo. Le dernier Recensement Général
de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2010 avance en effet un chiffre de 94 878
habitants contre seulement des effectifs de 2 875, 10 087 et 28 902 habitants
respectivement en 1960, 1970 et 1981. Cette croissance démographique est couplée
d’une expansion spatiale tout aussi spectaculaire. Evaluée à 96 hectares en 1950, la
superficie de la ville de Kara s’est accrue considérablement pour atteindre 3 780
hectares en 1980 et dépasser 9 000 hectares en 2010. Cette expansion spatiale pour
l’habitation des citadins de plus en plus nombreux se fait aux dépens des aires
agricoles qui elles, s’amenuisent. Cette étude, à partir de la revue de la littérature et
des travaux d’enquêtes de terrain, décrit la dynamique urbaine de Kara, circonscrit
ses bassins d’approvisionnement et analyse ses relations avec les petites villes
environnantes. Comme principaux résultats, l’étude révèle que l’agriculture
périurbaine qui servait à nourrir une partie de la population urbaine ayant périclité
au profit des habitations et des équipements urbains, la ville voit ses bassins
d’approvisionnement croître en nombre et se distancer davantage de son
environnement immédiat. Les relations entre Kara, métropole régionale et les petites
villes environnantes se caractérisent désormais par une logique de domination
accrue voire de succion car les besoins accrus d’échange de cette métropole avec les
campagnes éloignées laissent ces petites villes hors des circuits avec leur hinterland.