INSERTION DES GARES ROUTIERES SPONTANEES DANS LE TISSU URBAIN DE YOPOUGON (ABIDJAN, COTE D’IVOIRE)
Résumé
A l’instar des autres métropoles subsahariennes, Abidjan traverse une crise
multiforme. Elle se traduit, entre autres, par une croissance accélérée de la
population, une réduction des emplois modernes et, par voie de conséquence, par un
renforcement des activités de l’informel, le tout dans un contexte d’affaiblissement de
l’Etat et de son administration. Comme tous les secteurs socio-économiques, celui des
transports n’a pas été épargné par cette crise. Aussi l’extension spatiale de la cité a-telle entrainé l’éloignement des zones d’habitation par rapport aux lieux de travail
occasionnant ainsi des problèmes de transport marqués par l’incapacité de la SOTRA
et le développement du secteur informel de transport. Ainsi, les gbaka et les wôrôwôrô profitent des difficultés dans la régulation officielle pour s’imposer comme des
offres de transport incontournables à Yopougon. Les rues, les trottoirs et les
carrefours sont détournés de leur fonction circulatoire au profit d’une émergence
brusque de gares routières. La présente étude vise à montrer la logique d’insertion,
d’organisation et de fonctionnement de ces gares spontanées dans l’espace urbain de
Yopougon.