MIGRATIONS AGRICOLES A BONON: DE LA FIN DES MOUVEMENTS D’ALLER-RETOUR A LA SEDENTARISATION DES POPULATIONS
Résumé
Les migrations économiques agricoles ivoiriennes sont alimentées pour l’essentiel
par les populations étrangères. Elles sont majoritairement originaires des territoires
sous-régionaux qui présentent de faibles potentialités économiques. Ces
mouvements de colonisation agraire en direction des régions forestières présentent
au fil des décennies de nouvelles caractéristiques notamment à Bonon. Initialement
connus qualifiés de mouvements d’aller-retour entre l’espace émetteur et l’espace
récepteur, l’on assiste à une durée de résidence de plus en plus longue des
populations étrangères. Cet article vise à mettre en évidences les logiques fondatrices
de cette tendance migratoire. Ce travail a été structuré autour de l’analyse du profil
des migrants établis, des facteurs explicatifs de leur sédentarisation et des
mécanismes facilitant leur fixation de plus en plus définitive.
C’est à partir d’une approche qualitative et quantitative que cette recherche a été
menée. Cette approche mixte a permis d’aboutir aux conclusions ci-après. La
population étrangère est composée 75% d’actifs (âge compris entre 20 et 40 ans),
71,43% de musulmans ; et, 64,71% ayant une durée de résidence supérieure à 10 ans.
Cette population s’est définitivement installée, car 66 % disent avoir réussi à réaliser
leur projet de création de plantations à leur propre compte. Elle a une occupation
éparse du territoire au point où il n’existe pas de quartier qui lui est spécifiquement
dédié, synonyme d’une intégration réussie. Elle participe d’ailleurs à alimenter la
vitalité de l’économie locale.