ACCÈS A L’EAU POTABLE ET POTENTIELLES IMPLICATIONS SANITAIRES DANS LES CAMPS DE RÉFUGIÉS DE GORE AU SUD DU TCHAD
Résumé
Le taux d’accès à l’eau potable au Tchad est passé de 21% en 2000 à 53% en 2015.
Cette amélioration est le résultat des efforts de l’État et des ONGs. Ces efforts ont
ainsi permis de construire dans les camps de réfugiés d’Amboko et Doholo à Goré,
respectivement 23 et 11 forages. Toutefois, les difficultés d’accès à l’eau persistent. Il
est question de démontrer dans cet article que malgré les aménagements en eau
potable, les difficultés d’accès à l’eau persistent dans les camps des réfugiés. Il
s’ensuit la prolifération de plusieurs maladies liées à l’eau. Les analyses qualitatives
et quantitatives ont permis de démontrer que l’accès à l’eau est entravé par des
pannes et des actes de vandalisme sur les ouvrages. L’arrêt et l’absence de certains
forages a impacté la couverture en eau et augmenté le temps de l’approvisionnement
des ménages. Ces obstacles induisent un stress dans les ménages qui ne se contentent
que d’une quantité limitée d’eau pour les usages quotidiens. Seulement 10,9 litres et
15,9 litres d’eau respectivement à Amboko et à Doholo sont utilisés par un réfugié
par jour. En prenant en compte les indicateurs du JMP (Type de la source, la
distance, le temps et la densité) pour les analyses, le taux d’accès à l’eau est de 62,5%
à Amboko et 80% à Doholo. Nombre de maladies liées à l’eau découlent par ailleurs
des difficultés d’accès à la ressource eau et/ou des comportements des
consommateurs. Il demeure donc impératif de travailler davantage à faciliter
l’accessibilité à l’eau potable tout en promouvant une hygiène adaptée, pour
améliorer la santé des réfugiés.