DISPARITION DES TERROIRS RURAUX ET INSERTION URBAINE DES POPULATIONS AUTOCHTONES DE LA COMMUNE D’AGOENYIVE 1 DANS LES PERIPHERIES NORD DE LOME
Résumé
Le déploiement des fonctions résidentielles, industrielles et commerciales dans les
zones périurbaines est source de disparition des espaces de production agricole et
concentre nombre des enjeux du développement au Sud. Dans les périphéries nord
de Lomé, l’extension urbaine absorbe les terroirs ruraux et étend sans cesse les
limites de la ville. Les anciens espaces agricoles des communautés villageoises ainsi
que leurs habitations ont fait l’objet des opérations de lotissement et revendus à des
allochtones, tous d’anciens habitants des quartiers centraux et péri centraux de la
ville.L’épuisement des terres agricoles et la mutation du cadre de vie et de travail des
populations autochtones en un espace urbain ont favorisé la régression des surfaces
agricoles, la marginalisation des autochtones de leur cadre de vie crise, les problèmes
de logements chez les descendants des populations autochtones.Dans une démarche
méthodologique basée sur l’observation, la collecte des données et l’analyse
diachronique des mutations spatiales, l’étude vise à identifier les principales
victimes de la mutation spatiale d’Agoènyivé ainsi que leurs capacités de résilience
face à l’extension urbaine. Plus spécifiquement, l’article décrit la perte des espaces
agricoles par les populations autochtones de la commune 1 d’Agoènyivé et analyse
leurs stratégies résidentielles et leurs capacités d’insertion urbaine. Cette étude a
permis d’aboutir à la conclusion selon laquelle l’extension urbaine de Lomé sur les
terroirs ruraux périphériques entraine des conséquences sociales, économiques et
environnementales. Les communautés autochtones des anciens villages absorbés
sont les plus touchées par les difficultés d’alimentation, de logement et de
dégradation de leur cadre de vie inhérentes à l’extension urbaine.