INTEGRATION DES POPULATIONS AGRICOLES DU MILIEU RURAL DANS LA SOUS-PREFECTURE D’OUME (CENTRE-OUEST IVOIRIEN)
Résumé
La ruée vers les espaces forestiers ivoiriens est une opération de grande envergure,
précédant les indépendances, caractérisée par un afflux de populations venues de
divers horizons, notamment les Baoulé, les Agni, les Abron, les Sénoufo, les Malinké,
au niveau de la Côte d’Ivoire, et les Burkinabé, les Maliens, les Béninois, relativement
aux populations de pays voisins. Cette population migrante, à la recherche de terres
à exploiter s’oriente principalement vers les espaces ruraux. Cette logique de
colonisation spatiale dans le département d’Oumé laisse apparaître des mécanismes
d’intégration à dimension variable selon les peuples en présence. Le mode
d’insertion dans la dynamique de création des plantations basées sur les cultures de
rente s’effectue de façon souple dans cette zone d’exploitation des ressources
forestières. Elle débouche certes sur des manifestations de crises relativement à la
gestion du patrimoine foncier mais celles-ci sont très peu spectaculaires. L’objectif de
cet article est d’analyser les indicateurs qui expliquent la configuration socio spatiale
dans la sous-préfecture d’Oumé. Il s’appuie sur l’analyse du profil des acteurs en
présence, la nomenclature des problèmes fonciers et les ressources d’intégration
mobilisées par les acteurs. La méthodologie retenue dans le cadre de cette étude est
la méthode mixte à savoir l’approche quantitative et l’approche qualitative. L’étude
met en perspective que l’action conjuguée des populations résidentes et des autorités
étatiques débouche certes sur un épuisement des ressources locales mais favorise une
participation de tous les acteurs au développement.