AUTOPRODUCTION DE LOGEMENTS ET AMÉNAGEMENT DE L’ESPACE URBAIN À BONGOUANOU (CÔTE D’IVOIRE)
Résumé
La forte croissance démographique que connaissent les villes ivoiriennes induit un
besoin croissant en logements. Face à cette situation, deux (2) solutions s’offrent aux
ménages qui désirent être propriétaire de logements. Il s’agit de l’achat de logements
construits par les sociétés de constructions immobilières privées ou Étatiques et de
l’autoproduction effectuée par les ménages. Dans le cas de la ville de Bongouanou,
l’autoproduction constitue le seul moyen dont ont recours les ménages pour être
propriétaire de logements. Cette contribution se propose d’étudier l’impact de
l’autoproduction de logements sur l’aménagement de l’espace urbain à Bongouanou.
La méthodologie utilisée repose sur une recherche documentaire ainsi que sur des
enquêtes de terrain effectuées auprès de 360 ménages et des acteurs locaux en charge
du logement. L’étude révèle qu’en dépit de l’existence de grandes sociétés de
constructions immobilières publiques et privées en Côte d’Ivoire, la ville de
Bongouanou n’a bénéficié d’aucune opération de construction de logements. Les
logements autoproduits par les ménages de cette ville sont à 49,4 % de bas standing
ce qui justifie le fait que la moitié des quartiers sont de type évolutif. Aussi, plus de la
moitié (57,2 %) des ménages occupant ces maisons juge peu satisfaisant leur
condition de logement faute de commodités adéquates. Ce type de logements
construits à 95,8 % par des maçons et des tâcherons respecte rarement les normes
urbanistiques. Les ménages promoteurs font fi de la demande du permis de
construire avant d’entreprendre leur projet de construction. La logique individuelle
étant privilégié dans ce mode de construction, l’aménagement des espaces collectifs
(aire de jeux, espace vert, parking) est laissé pour compte.