LE TRANSPORT INFORMEL DANS LE TRANSFERT DES CHARGES AGRICOLES DANS LE HAUT-SASSANDRA (Côte d’Ivoire)
Résumé
Le succès de la Côte d’Ivoire repose sur l’agriculture. Cet adage national fait de
l’agriculture et de toutes les activités qui lui sont efférentes, des secteurs qui devraient
bénéficier d’une attention spéciale de la part des décideurs publics. Parmi ses activités
subsidiaires, le transport occupe une place de choix, il est même en amont et en aval
du secteur de l’agriculture, car il est le seul moteur de transfert des intrants et des
produits. Faisant partie de la boucle du cacao et étant la deuxième zone de production
de plantain, la région du haut Sassandra s’est bien illustrée en termes de production
agricole. Mais de la production à la consommation, il n’y a qu’un trait d’union qui est
le transport. Le transport requiert donc une place importante dans le transfert des
produits agricoles. Pourtant dans cette région, ce transport est majoritairement
délaissé aux mains d’acteurs exerçant dans le secteur informel qui est taxé de manque
de professionnalisme et de caducité de ses moyens et méthodes. Ce qui remet au grand
jour la question de l’efficience du transport de produits agricoles dans cette région. À
cet égard, une analyse du secteur du transport des produits agricoles y est nécessaire.
Pour la mener efficacement, une enquête documentaire a été effectuée et aussi une
enquête de terrain auprès de propriétaires de camions, d’agent du ministère du
Transport et des délégués syndicaux de camionneurs d’une part, des petits chargeurs
que sont les producteurs et les commerçants d’autre part. Les résultats font état de ce
qu’environ 90% du transport des produits agricoles s’effectue à travers le secteur
informel. Aussi, la chaine des intervenants dans le transfert des produits agricoles
comporte une forte part d’informalité avec des moyens et modes opératoires
dérisoires. Elle montre par ailleurs, à travers l’absence de plateformes logistiques, des
déficits infrastructurels, opérationnels et stratégiques qui y rendent le secteur du transport déficient.