DEGRADATION DES LIGNEUX ET ENJEUX DE SEQUESTRATION DU CARBONE EN ZONE SOUDANO-SAHELIENNE : CAS DE LA RESERVE FORESTIERE DE GASCHIGA NORD-CAMEROUN
Résumé
Confronté à une démographique galopante et une exploitation grandissante des
ressources naturelles, le milieu soudano-sahélien est une zone au potentiel naturel
incontournable. Il se caractérise d’ailleurs par la présence de plusieurs aires
Protégées qui démontrent la richesse aussi bien faunique que floristique du milieu.
Créé en 1947, la réserve forestière de Gaschiga a été mis sur pieds pour participer à la
préservation du couvert ligneux au nord Cameroun. Toutefois, cet espace est victime
d’une dégradation des ligneux. Ce travail a pour objectif d’évaluer les facteurs de la
dégradation des ligneux et leur impact sur la quantité de carbone pouvant être
séquestré par la réserve forestière de Gaschiga. A cet effet, une cartographie a été
réalisée afin de montrer l’évolution des différents éléments d’occupation du sol sur
trois périodes. De même, un inventaire floristique suivant la méthode aléatoire
simple a été fait en fonction de l’emplacement des placeaux situés dans la réserve
forestière. Les placeaux constituent des zones de plantation d’une même espèce. 25
placettes d’une superficie de 100 m X 100 m de côté ont été implantées dans la
réserve. L’inventaire a permis d’évaluer le stock de carbone à partir d’une méthode
non destructive des arbres. Les résultats montrent que plusieurs activités
anthropiques sont menées dans la réserve forestière de Gaschiga. Il s’agit des
activités agro-pastorales, la coupe du bois à divers fins, l’envahissement urbain. Elles
évoluent au fil des années et ainsi dégradent le couvert ligneux. En 2020, les espaces
agricoles occupent 50% de la superficie totale, l’habitat 7% et les espaces dégradés
par les coupes 23%. Suivant la méthode d’évaluation à partir du biovolume et
l’estimation à base des équations allométriqque, l’espèce qui capture le mieux le
carbone dans la réserve forestière de Gaschiga est l’Azadiracta indica. En utilisant
l’équation allométrique, elle séquestre 229,74 t/ha de carbone soit un EqCO2 de 843,16 TeqCO2/ha. Lorsqu’il est utilisé le volume de bois dans l’estimation du
carbone séquestré, il résulte que l’Azadirachta indica est l’essence qui capte le mieux le
carbone soit 204,17 tC/ind en moyenne un volume de bois moyen de 756,2 m
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Malgré l’évolution régressive des périmètres de reboisement, il ressort que ces
espaces contribuent de façon considérable à la réduction du CO2 dans l’atmosphère et
constitue des réservoirs de carbone.