AGROFORESTERIE A BASE DE ELAEIS GUINEENSIS EN TANT QU’OPTION DU DEVELOPPEMENT DURABLE DANS LA COMMUNE DE COVE (SUD-EST DU BENIN) : POSSIBILITES, PRATIQUES ET LIMITES
Résumé
La pratique agroforestière avec ses avantages socioéconomiques et écologiques
semble répondre au principe de durabilité et de résilience et mérite d’être promue
surtout dans les pays africains comme le Bénin. La présente recherche vise à analyser
les atouts et contraintes liées à l’agroforesterie à base de Elaeis guineensis dans la
commune de Covè en vue de dégager des pistes d’actions de développement de cette
pratique agricole dans le milieu. Pour collecter les données relatives à la pratique
agroforestière (cultures associées, durée d’association, avantages, difficultés) des
entretiens directs individuels et de groupes de discussion (focus group) ont été
réalisés. Un effectif de 180 exploitants agricoles a été pris en compte de façon
raisonnée et 16 placettes ont été installées dans le milieu de recherche. Le traitement
des données est fait par l’analyse statistique descriptive appuyée par des illustrations
graphiques. La majorité des producteurs agricoles (72,28 %) associent les cultures
comme le maïs, l’arachide, le manioc à l’espèce Elaeis guineensis. Les terres sont
Revue Ivoirienne de Géographie des Savanes, Numéro 6 Juin 2019, ISSN 2521-2125
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rapidement occupées par un peuplement arbustif de rejets du palmier à huile dont la
densité est au-delà de 350 pieds à l’hectare contre 70 à 100 recommandée par les
agents des Eaux et Forêts et du CARDER, ce qui réduit la durée d’association et les
rendements des cultures associées. Il s’ensuit la nécessité de politiques publiques
fortes en soutien aux exploitations familiales agricoles porteuses d’innovations
agroécologiques en termes notamment de formation et de financement.