APPUI A LA PRODUCTION ET A LA COMMERCIALISATION DU RIZ DE BASFONDS PAR L’ENTREPRISE DE SERVICES ET ORGANISATION DES PRODUCTEURS (ESOP) DANS LA PREFECTURE DE SOTOUBOUA AU CENTRETOGO (2004-2018): UNE DYNAMIQUE BRISEE ?
Résumé
Malgré le rôle important que joue le riz dans l’alimentation, sa production reste
encore insuffisante pour couvrir les besoins de la population togolaise. Après les
résultats décevants des grands périmètres irrigués initiés par l’Etat dans les années
1970, il encourage aujourd’hui l’aménagement des bas-fonds qui constituent une
opportunité pour l’amélioration de la productivité du riz. Dans la préfecture de
Sotouboua au Centre- Togo, l’Entreprise de Services et Organisation des
Producteurs(ESOP) s’investit depuis 2004 pour appuyer les petits producteurs à
cultiver le riz dans les bas-fonds. Mais, les résultats socio-économiques de cet appui
ont commencé à baisser à partir de 2014en raison de la mauvaise gouvernance de
l’entreprise qui ne permet plus d’assurer avec efficacité le soutien aux paysans. La
démarche méthodologique suivie se résume en la recherche documentaire et les
enquêtes de terrain. Les résultats obtenus montrent que les conditions naturelles
satisfaisantes et la disponibilité en main-d’œuvre constituent des atouts pour la
culture du riz. Ils montrent également que l’ESOP apporte un appui aux petits
producteurs essentiellement dans la production et la commercialisation. Au plan de
la production, ces producteurs bénéficient des semences, des intrants et sont
conseillés sur l’itinéraire technique de la culture du riz. Sur le plan commercial, elle
achète du riz paddy aux groupements de producteurs qu’il transforme, fait le
conditionnement et assure sa vente sur les marchés urbains du pays. De 2005 à 2013,
cet appui de l’ESOP aux producteurs a induit un essor socio-économique
incontestable qui s’apprécie à travers les revenus dans l’ensemble élevés, leur
destination et par les emplois créés. Mais à partir de 2014, on assiste à la baisse du
chiffre d’affaires de l’entreprise suite à une mauvaise gouvernance financière qui
s’est soldée par un détournement de fonds par son comptable. Cette situation a eu
des effets néfastes sur ses activités. Le recul du nombre de groupements de
producteurs et par ricochet la chute de la production en constituent les conséquences
évidentes.