ACTIVITES ANTHROPIQUES SUR LES MAYOS ET RISQUES ENVIRONNEMENTAUX DANS LA VILLE DE MAROUA (EXTREMENORD CAMEROUN)
Résumé
Les changements climatiques et l’extrême pauvreté qui règnent dans les pays du
tiers monde en général et ceux de la région de l’Extrême-Nord Cameroun en
particulier poussent les populations à adopter des nouveaux modes de vie basés
sur une exploitation anarchique des ressources. L’objectif du présent travail est
de démontrer que les activités économiques implantées le long des berges des
Mayos dans la ville de Maroua présente des conséquences. Pour cela, l’étude
s’est faite à travers les observations, les enquêtes par questionnaire auprès d’un
échantillon de 144 riverains, les enquêtes et entretiens auprès des structures en
charge de l’environnement, de la ville (Communes rurales, Ministère de
l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Ministère de
l’Habitat et du développement Urbain) et du domaine foncier ont constitué des
sources d’informations. Les laveries, l’extraction du sable, la fabrique des briques
et des parpaings, les garages, l’agriculture maraichère sont les activités
économiques qui façonnent négativement le paysage des Mayos. Les berges sont
de plus en plus dégradées par les passages anarchiques des camions exploitants
du sable, les eaux usées issues des ménages sont canalisées vers les Mayos, les
eaux des Mayos sortent de leur lit et envahissent des espaces bâtis. Les
responsables de toutes ces conséquences ne sont pas seulement les populations
riveraines. Les communes rurales sont en partie responsables de ce désastre.
Conscient des conséquences, elles ne mettent en place aucune réglementation en
matière de gestion des ressources. Au contraire, elles se contentent de prélever
les impôts journaliers sur les différentes activités. L’exploitation des résultats de
ce travail pourrait être un outil pouvant servir à l’aménagement des berges et
une utilisation rationnelle des ressources des Mayos en prenant en compte des
générations futures.