FACTEURS CONTRIBUANT A LA PERSISTANCE DU PALUDISME DANS LA VILLE DE VAVOUA (COTE D’IVOIRE)
Résumé
Le paludisme sévit dans la ville de Vavoua, en Côte d’Ivoire. De nombreux cas y
compris des décès dus à cette pathologie ont été enregistrés en dépit des efforts des
autorités sanitaires pour endiguer cette pathologie. C’est pourquoi, l’étude s’est
donnée comme objectif d’identifier et d’analyser les facteurs qui favorisent
l’émergence du paludisme dans la ville de Vavoua. La méthodologie s’est basée sur la
revue documentaire, l’enquête de terrain et Delphi. Ainsi, sur la base d’un sondage
stratifié, 425 chefs de ménages ont été retenus comme unités statistiques et repartis
entre six (6) quartiers de la ville. La combinaison d’analyse de données statistiques
issues des recherches, affinées à l’évaluation du niveau risque selon la capacité
vectorielle d’un anophèle et le modèle de tableau épidémiologique, ont permis
d’identifier les facteurs à l’origine de la persistance du paludisme dans la ville de
Vavoua. Les résultats révèlent que le paludisme est endémique dans la ville de
Vavoua (53089 cas confirmés recensés entre 2022 et 2024). Les facteurs mis en cause
sont les fortes températures (20,6°C à 29,5°C) et précipitations (1150 mm à 1160mm)
annuelles, le relief constitué de plateau disséqué et de plaine comprenant des cuvettes
et des vallées favorables à l’agriculture urbaine et à la rétention des eaux de pluies. A
cela s’ajoutent, l’absence d’infrastructures d’assainissement, la mauvaise gestion des
eaux usées domestiques et des déchets solides ménagers qui engendrent la création et
le développement des gîtes larvaires et des anophèles. L’étude indique également que,
le risque du paludisme est plus élevé dans les ménages situés à moins de 400m des
sites abritant les gîtes larvaires et les anophèles ainsi que ceux qui n’utilisent pas les
moustiquaires, les bombes aérosols et les serpentins fumigènes comme moyens de
protection. Toutefois, pour venir à bout de cette pathologie, l’étude recommande de
la considérer comme une urgence de santé publique et une collaboration plus accrue
entre les sciences médicales, humaines et fondamentales.
Mots clés : Paludisme, Persistance, Facteur de risque, Vavoua, Côte d’Ivoire